Le jeudi 5 novembre 2020, s’est tenue la deuxième édition des conférences en ligne dénommée « UVS JOKKO », destinées à promouvoir et favoriser le leadership des étudiants. Les intervenants invités à cette édition étaient : Maréme SARR, inscrite en Licence 3 Mathématiques appliquées et Informatique (MAI), à l’ENO de Thiès, El HAssane FALL, étudiant en Master 2 en Sciences économiques et de Gestion (SEG), à l’ENO de Saint-Louis, Mame Diarra WANE, étudiante en Licence 3 de Communication digitale, à l’ENO de Dakar et El Hadji Cheikh BA, étudiant en Licence 3 de Sciences économiques et de Gestion (SEG), option Economie appliquée, à l’ENO de Dakar. L’activité s’est déroulée sous la présidence effective du Professeur Moussa LO, Coordonnateur de l’UVS et a vu la participation de Monsieur Seydina Moussa Ndiaye, Directeur du Développement et de la Coopération(DDC). La modération a été assurée par M. Taibou DIATTA, Chargé du Service à la Communauté à la DDC, structure initiatrice de cette activité.
Pour Mme Henriette DIOP, Cheffe de Service Gestion du Service à la Communauté, l’objectif de cette activité, au-delà de susciter des interactions entre les étudiants, le personnel et le monde socioprofessionnel, est aussi d’éveiller leur proactivité, renforcer leur leadership et les amener à mieux appréhender le marché du travail. C’est à la suite de ce mot d’introduction, que la parole a été donnée aux étudiants pour partager leurs parcours.
La valeur n’attend point le nombre d’années, comme dirait l’autre. Le cursus de Mame Diarra WANE, 21 ans, a été jalonné par des distinctions scolaires. Parmi les facteurs de sa réussite, il y a le soutien et le sacrifice de ses parents qu’elle n’a pas manqué de relever. Très active dans l’entreprenariat, elle a lancé une micro entreprise spécialisée dans le conditionnement et la vente de ressources halieutiques. Pour comprendre sa réussite, il faut connaître la philosophie de Mame Diarra, qui refuse de subir la pression sociale. Selon elle, il faut s’en affranchir. Durant son cursus scolaire, elle a été victime d’inégalités sociales, mais, qui heureusement n’ont pas altéré sa volonté et sa détermination, à réussir. Comme pour rappeler l’importance de la lecture à ses camarades, elle révèle que son amour pour les livres a été déterminant dans sa réussite, mais aussi dans sa maitrise de la prise de parole en public. Faisant preuve de générosité dans son témoignage, Mame Diarra a clos son intervention par des conseils et recommandations à l’endroit de ses camarades qui aimeraient embrasser le même secteur qu’elle, tout en les encourageant à entreprendre et à s’armer de patience et de persévérance.
A sa suite, Al Hassane FALL, titulaire d’une licence en « Banque Microfinance et Assurance » et conseiller commercial à la Sonatel a partagé son expérience et son enthousiasme. Très tôt fasciné par l’économie et la comptabilité, il avoue être également passionné par l’entrepreneuriat social, la lecture et la communication.
De son passage à la Sonatel, il en tire une riche expérience. Il y a ainsi pu mesurer la qualité de sa formation à l’UVS, car il a su être à la hauteur des attentes de ses recruteurs. Ayant connu des blocages, des années plus tôt, pour poursuivre des études dans l’enseignement français, il n’a pas manqué de s’investir et de montrer à sa mère sa volonté de retourner à l’école. Alassane parle avec beaucoup d’émotion des sacrifices de sa mère, qui a participé à sa réussite. Du temps pour les futilités, il n’en avait pas, pour reprendre les mots de cet acharné du travail. Ses efforts et sacrifices ont été couronnés par une sixième place au centre d’examen où il a passé son baccalauréat. Aujourd’hui, il est fier de ce qu’il a pu accomplir, grâce à sa rigueur et sa détermination.
El Hadji Cheikh BA, quant à lui, est actuellement le président du Bureau des Etudiants de l’Espace numérique ouvert (BENO) de Dakar. Ayant très tôt connu des difficultés dans son parcours, il réussit à reprendre sa vie en main et à poursuivre ses études. Enfance difficile, passée dans un environnement non approprié pour les études, El Hadj Cheikh BA n’a pas connu un parcours facile. Par un concours de circonstances, les choses changent de façon positive. Il décide alors de se battre et de donner le meilleur de lui-même. Il saisit la deuxième chance qui lui est offerte par la vie, et a même surpris sa famille en devenant le premier de sa classe. Il retrouve enfin la confiance en lui et en son potentiel. El Hadj était devenu une autre personne. Pendant les vacances scolaires, en lieu et place d’un séjour à Dakar, il choisit d’étudier les sciences physiques durant cette période où il était censé se reposer. Toutes ces péripéties lui ont appris qu’il y’a des combats qu’il faut gagner. El Hadj de lancer à ses camarades : « Ceux qui ont réussi, ce sont ceux qui ont cru en eux, tout en cherchant à se relever après une chute pour ainsi éviter l’échec ; chaque personne est une leçon de sa propre vie, rien n’est impossible ».
Après un baccalauréat scientifique, Mareme SARR a lancé sa start up « Lissa’S Prestige ». Elle est entrepreneure sociale et évolue dans le domaine de la mode.
Elle a travaillé avec plusieurs organisations internationales sur les violences faites aux femmes et les cas d’enfants apatrides. Maréme a grandi à Madina Fall dans un quartier de Thiès. Avec un début de cursus scolaire rendu difficile par divers facteurs, elle a pu compter sur le soutien moral de ses parents. Maréme a toujours été studieuse, qualité qui lui valait de brillantes notes.
Après son baccalauréat, elle est orientée a l’UVS. Habitant très loin de son Espace numérique ouvert (ENO), elle devait se réveiller à 5h du matin pour s’y rendre. D’autres jours, elle devait s’acquitter d’abord de tâches domestiques avant d’y aller. Que de résilience. Constatant la difficulté des jeunes à s’insérer professionnellement, elle décide alors de se lancer dans l’entreprenariat. En outre, cette activité devait lui permettre de financer le reste de ses études, pour soulager sa mère, dont elle n’est pas la seule fille.
Avec ses difficultés pour obtenir un financement, elle utilise sa bourse pour financer son projet, avec l’accord de sa mère. Son entreprise emploie aujourd’hui deux (2) personnes. Maréme rêve grand : elle veut avoir une holdding où elle recruterait beaucoup de personnes. Comme ses camarades, elle a surmonté de nombreux obstacles et fait face aux critiques infondées. Pour finir, elle invite ses camarades à entreprendre tout en leur lançant : « Aucun pays ne peut se développer sans une jeunesse consciente, bien formée et ambitieuse ».
A la suite de leurs interventions, M. Seydina NDIAYE, a félicité les étudiants pour les partages d’expériences et les parcours intéressants. Il renchérit : « C’est cela l’objectif de cette activité: partager les parcours et les péripéties ». Il ajoute que l’activité sera organisée en présentiel à partir de 2021, tout en gardant ce format en ligne.
A son tour, le Pr Moussa LO s’est dit très ravi de participer à cette édition. Il s’est aussi dit très content d’entendre ces discours très captivants, aussi bien riches sur le fond que la forme. Il s’est également réjoui de la maturité et de l’engagement des étudiants.
Il ajoute qu’en les écoutant, il retient quatre mots clés à savoir : la patience, la persévérance, l’engagement et l’agilité pour s’adapter aux situations.
Pour finir, il exhorte à l’élaboration d’un recueil pour regrouper ces présentations, teintées de générosité.
C’est sur ces notes positives et optimistes qu’a pris fin cette deuxième édition de « UVS JOKKO », qui montre encore une fois la valeur et la qualité des étudiants, mais aussi donne à voir des parcours très inspirants.
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Garmy SOW
